Bonjour,

Je viens de tomber (par hasard) sur ce site. J’ai eu la surprise d’y trouver mon nom et une photo me représentant. J’étais au prévent en 1954-55, d’abord quelques temps au Lazaret, puis au château, mais dans un bâtiment extérieur auquel on accédait, à partir de la cour, par une passerelle, dans un dortoir décoré de chats (je crois). Après quelques mois, on m’a transféré à un ou deux kilomètres de là, dans des locaux situés après l’école. Par un escalier extérieur en fer et en hélice, nous rejoignions notre dortoir, qui devait se situer au dessus du réfectoire. Notre groupe était soit le Lata, soit la Senouire. Le dimanche nous revêtions une tenue dans laquelle figurait un pantalon ou short de velours côtelé bleu ou noir, dont les bretelles se croisaient sur la poitrine. A l’école, je me souviens des lettres que l’institutrice nous dictait ou nous demandait de recopier pour être envoyées à nos parents, avec, à la fin, la possibilité de deux ou trois lignes personnelles. Je suppose que, à leur lecture, tout allait toujours bien. La cour de l’école était séparée par une barrière de fer. D’un côté les filles, de l’autre les garçons. L’hiver, la grande affaire était de préparer une glissoire, faite de neige tassée,  patiemment transformée en glace par passages successifs. J’ai également le souvenir du froid lorsqu’en rangs, nous rejoignions l’école, et que nous stationnions plusieurs minutes dehors avant de pouvoir y pénétrer. L’été, c’était les rêveries, allongés sur l’herbe, à deviner des visages, des animaux, des pays dans les nuages qui passaient au-dessus de nous. A tenter d’attraper les sauterelles aux ailes de couleurs. Les familles visitaient rarement les enfants, nous étions souvent de milieu modeste, les autos rares, les voyages longs. J’ai le triste souvenir d’un camarade, qui n’avait pu rencontrer ses parents qui passaient rapidement ce jour là, car nous étions dans la pinède, hors du château où ils l’attendaient. De désespoir en apprenant leur départ, il s’était refugié en haut d’un arbre. Il n’en est redescendu que le soir, sans être puni.

Je n’ai guère de souvenirs de l’encadrement, (surveillants, surveillantes, chefs, cheftaines) mais il n’est pas certain que sa formation ait été très pointue. L’éducation relevait du dressage, sans tendresse, avec châtiments corporels et humiliations publiques. A l’époque, ces pratiques n’étaient pas propres à Chavaniac, la société française entière fonctionnait sur ces principes discutables aujourd’hui, mais généralement admis alors. Depuis, le temps est passé sur tout cela. J’ai revu le prévent en 2015. Rien n’a tellement changé, si ce n’est que tout est à l’abandon, hormis le château, autrefois réservé aux filles, et maintenant transformé en musée. J’ai pu visiter le parc, qui nous était à l’époque interdit, et revoir le réfectoire, devenu l’accueil et la caisse. La guide m’a appris qu’elle était la fille du concierge de l’époque.

Bonjour j'ai séjourné 9mois au préventorium en 1950/51 j'avais 5 ans j'en garde un très mauvais souvenir la cheftaine me forçait á avaler du riz au lait même si le recrachait il y régnait une ambiance qui se rapprochait plutot de la maison de redressement alors que nous étions loin de nos familles je suis restée traumatisée par ce séjour
dany - email : dany.leo@orange.fr

Bonjour, Pour ma part, de santé fragile j'ai attrapé la tuberculose. Avec ma famille, nous vivions dans une grande ville, donc j'ai été dirigée vers le Préventorium pour bénéficier de l'air de la montagne et pour y suivre un traitement important, d'ailleurs j'ai passé les douze mois de septembre 1959 à septembre 1960 pour les trois quarts à l'infirmerie du Préventorium où nous étions très bien traitées, j'ai simplement le souvenir d'une infirmière de taille imposante (Mme Martini si je me souviens bien) qui me faisait les piqûres d'une façon peu orthodoxe en me piquant sur le trajet du nerf sciatique (j'ai compris plus tard pourquoi cela me faisait si mal), sinon tout le personnel était très bien, en tout cas à l'infirmerie où j'ai failli perdre la vie à cause de la maladie au printemps 1960. Mais il est vrai pour le peu de temps que j'ai passé avec les cheftaines, qu'il y en avait une qui était une vraie "peau de vache", avec les autres cela se passait assez bien, quant à la nourriture : à l'infirmerie cela allait malgré que j'ai mangé sans sel pendant toute cette année là, mais au réfectoire, il est vrai que c'était vraiment pas bon, je n'aimais que le petit déjeuner et le goûter c'est dire !! Par contre, je n'ai jamais été frappée par qui que ce soit, peut-être que cela s'est dégradé au fil du temps, j'en suis désolée pour vous. Ma famille, malgré la distance, venait à tour de rôle, le plus souvent possible, mais quand on a 6 ans et demi/7 ans, la séparation est très dure à supporter, j'ai eu la chance de recevoir beaucoup de cartes postales que me lisait l'infirmière qui me suivait et qui répondait avec mon assentiment pour les phrases, d'ailleurs, je les ai conservées ainsi que les lettres et les photos quand mes parents, soeur et grands parents venaient me voir, dans ces moment là, c'était des jours heureux, nous allions au restaurant du village où je devais manger sans sel, mais c'était très contrairement au réfectoire et nous faisions de jolies promenades ! Malgré cela, et n'ayant pas connu votre triste sort au Préventorium de Chavaniac-Lafayette, cela m'a beaucoup marqué. J'espère que malgré cela, après vous avez une vie agréable et plein de bonheur. Bien cordialement. Patricia Le Moal.
PATOUE - email : patazou@gmail.com

Si des personnes se trouvaient au Préventorium de Chavaniac-Lafayette dans la période allant de Septembre 1959 à Septembre 1960, j'aimerais qu'elles se fassent connaître auprès de moi, merci, Patricia Le Moal
PATOUE - email : patazou@gmail.com

Bonjour
j'ai été pensionnaire au prévent d'avril 1969 à février 1970, je n'ai que de mauvais souvenirs de ce séjour : bouffe infecte, maltraitance de la part de cheftaines sadiques, humiliations en tous genres. J'étais tellement traumatisée que je ne gardais aucune nourriture et je maigrissais tellement que ma mère est venue me chercher en signant une décharge. J'en garde une aversion à vie pour les betteraves rouges les épinards que l'on me forçait à manger avec force de claques dans la figure !
Je m'appelle Elisabeth Dubois et je me rappelle de Claudine Plantier de Nimes qui était un peu comme moi un souffre douleur. Il y avait une cheftaine je ne me souviens plus son nom, c'était une boule de nerfs et elle avait la main agile. Elle avait des chouchous et des têtes à claques dont je faisais partie malheureusement.
Il n'y avait aucune compassion ni aucune gentillesse de la part de celles qui nous gardait. Nous étions des enfants malades loin de nos familles. Pour moi ça a été un enfer.
Désolé d'apporter ce témoignage guère reluisant mais c'est ce que j'ai subi à l'âge de 9 ans.
Elisabeth DUBOIS
Elisabeth - email : elisabeth.kilyan.dubois@orange.fr